Dossier · GHK-Cu (glycyl-L-histidyl-L-lysine-cuivre)
GHK-Cu, le peptide de cuivre : ce que dit vraiment la recherche
Trois acides aminés, un ion cuivre et cinquante ans de publications. Ce dossier trie ce qui est démontré, ce qui est seulement observé en culture cellulaire et ce qui relève du discours marketing.
Mis à jour le · 12 fiches · références PubMed
Représentation simplifiée, non à l'échelle : le cuivre(II) est coordonné par des azotes de la glycine, de la liaison peptidique et de l'histidine.
- Séquence
- Gly-His-Lys + Cu²⁺
- CAS (fournisseurs)
- 49557-75-7
- GHK libre
- C14H24N6O4 · 340,4 g/mol
- Décrit en
- 1973, plasma humain
Les douze fiches du dossier
- 01ChimieGly-His-Lys, coordination du cuivre(II), couleur, CAS et noms INCI.
- 02PeauCollagène des fibroblastes, glycosaminoglycanes, pénétration cutanée, essais humains.
- 03CheveuxFollicules ex vivo, papille dermique et analogue AHK-Cu.
- 04CicatrisationPlaies ischémiques, biomatériaux et signature génique de 2012.
- 05VoiesCrème, solution ou injection animale : ce qui est documenté.
- 06DosesConcentrations nanomolaires, gel à 2 % et convertisseur d'unités.
- 07PréparationDiluant, volumes, teinte bleue et calculateur de concentration.
- 08Stockage−20 °C, aliquotes, lumière et signes de dégradation.
- 09ToléranceTolérance cutanée, allergie au cuivre, inconnues de l'injection.
- 10ComparatifFace à l'AHK-Cu, au BPC-157, au TB-500 et au Matrixyl.
- 11Prix50 et 100 mg, prix au milligramme, remises et livraison en France.
- 12FAQLes questions fréquentes, avec renvoi vers chaque fiche.
Le GHK-Cu est l'association d'un tout petit peptide, la séquence glycine–histidine–lysine (GHK), et d'un ion cuivre(II). On le retrouve sous plusieurs noms : peptide de cuivre, tripeptide de cuivre, copper peptide dans la presse anglophone, Copper Tripeptide-1 sur les étiquettes de cosmétiques, ou encore prézatide de cuivre dans la nomenclature pharmaceutique. Derrière ces étiquettes, il s'agit de la même molécule, isolée pour la première fois dans le plasma humain au début des années 1970.
Le GHK seul (sans cuivre) a pour formule C14H24N6O4 et une masse molaire de 340,4 g/mol selon PubChem.
Ce site s'adresse aux personnes qui veulent comprendre le GHK-Cu avant d'en parler, de l'étudier ou d'en manipuler : étudiants, techniciens de laboratoire, formulateurs, curieux qui ont croisé le terme sur un flacon de sérum. Il ne s'agit pas d'un site de conseils de santé. Nous ne recommandons aucune utilisation chez l'humain, et les quantités citées dans les fiches proviennent d'expériences publiées, jamais d'une posologie.
01Le GHK-Cu en quelques chiffres
- 3acides aminés : Gly, His, Lys
- Cu(II)ion lié au peptide, d'où la teinte bleue
- 1973première description dans le plasma humain
- 10⁻⁹ Mconcentration active typique en culture de fibroblastes
- 50 et 100 mgcontenances courantes des flacons de recherche
- 49557-75-7numéro CAS repris par les fournisseurs
02Pourquoi tant d'intérêt pour un si petit peptide ?
L'histoire commence en 1973 avec Loren Pickart : un facteur du sérum humain prolongeait la survie de cellules hépatiques normales en culture et stimulait la croissance de cellules hépatiques tumorales. Ce facteur s'est révélé être un tripeptide, et l'équipe a montré quelques années plus tard qu'il fixait le cuivre et en facilitait l'entrée dans les cellules (publication dans Nature en 1980). Les travaux ultérieurs ont aussi établi que sa concentration dans le plasma diminue avec l'âge.
Le second tournant est français. En 1988, l'équipe de François-Xavier Maquart, à la faculté de médecine de Reims, montre que le complexe GHK-Cu stimule la synthèse de collagène par des fibroblastes en culture, avec un effet maximal autour d'une concentration nanomolaire. Les auteurs remarquent aussi que la séquence GHK figure dans la chaîne α2 du collagène de type I : le peptide pourrait donc être libéré sur le site d'une plaie, quand les protéases dégradent la matrice. C'est l'origine du concept de matrikine, un fragment de matrice extracellulaire doté d'une activité biologique propre.
Les matrikines désignent des fragments de protéines de la matrice (collagène, élastine) capables de signaler aux cellules voisines.
Depuis, les travaux se sont multipliés dans trois directions : la peau et les cosmétiques, la cicatrisation (plaies cutanées, modèles animaux, biomatériaux) et, plus récemment, l'expression des gènes, après qu'une analyse de grande ampleur a placé le GHK parmi les composés capables d'inverser une signature génétique associée à l'emphysème.
03Ce qui est solide, ce qui l'est moins
Notre lecture des preuves
| Domaine | Niveau de preuve | Où lire la suite |
|---|---|---|
| Fixation du cuivre, structure du complexe | Élevé (chimie, spectroscopie) | Chimie du peptide de cuivre |
| Collagène et glycosaminoglycanes en culture | Bon, données reproduites | Peau et collagène |
| Cicatrisation chez l'animal | Modéré, petits effectifs | Cicatrisation et gènes |
| Effets visibles sur la peau humaine | Faible à modéré, souvent sponsorisé | Peau et collagène |
| Pousse des cheveux | Faible, surtout in vitro | Cheveux et follicules |
| Administration injectable chez l'humain | Pas de données publiées solides | Topique ou injectable |
Le décalage entre ces niveaux de preuve explique beaucoup de confusions. Une molécule qui agit à une concentration infime sur des cellules en boîte de Petri ne produit pas automatiquement le même effet dans une crème appliquée sur le visage, et encore moins après une injection dont personne n'a publié la pharmacocinétique chez l'humain.
04Comment utiliser ce dossier
Les fiches peuvent se lire dans l'ordre du menu. Si vous préparez une expérience, commencez par les concentrations et doses étudiées, puis la reconstitution d'un flacon et la fiche sur la conservation. Si vous comparez le GHK-Cu à d'autres peptides, la fiche comparatif le met en regard de l'AHK-Cu, du BPC-157, du TB-500 et des peptides « signal » des cosmétiques. La question du coût d'un flacon et des critères pour choisir un fournisseur est traitée à part, dans la fiche prix et approvisionnement.
Avertissement
Le GHK-Cu vendu en flacons lyophilisés est un réactif destiné à la recherche en laboratoire. Il n'a pas d'autorisation de mise sur le marché en tant que médicament en France ni dans l'Union européenne. Les cosmétiques qui en contiennent relèvent d'une autre réglementation et d'autres concentrations.
Chaque fiche se termine par la liste des articles cités, avec un lien direct vers PubMed. Quand une affirmation repose sur une seule étude, nous le disons ; quand une étude a été financée par une entreprise qui commercialise le peptide, nous le signalons aussi.
Sources citées
- Pickart L et al. (1973). Tripeptide in human serum which prolongs survival of normal liver cells and stimulates growth in neoplastic liver Nat New Biol. PubMed 4349963
- Pickart L et al. (1980). Growth-modulating plasma tripeptide may function by facilitating copper uptake into cells Nature. PubMed 7453802
- Maquart FX et al. (1988). Stimulation of collagen synthesis in fibroblast cultures by the tripeptide-copper complex glycyl-L-histidyl-L-lysine-Cu2+ FEBS Lett. PubMed 3169264
- Pickart L et al. (2015). GHK Peptide as a Natural Modulator of Multiple Cellular Pathways in Skin Regeneration Biomed Res Int. PubMed 26236730
- Pickart L et al. (2018). Regenerative and Protective Actions of the GHK-Cu Peptide in the Light of the New Gene Data Int J Mol Sci. PubMed 29986520